De Gille Bernard Président du GREH

A LA DÉCOUVERTE DU COGNAC

alambic charentais

Le vignoble charentais est à l’origine, un vignoble à vin tourné dès la fin de l’Antiquité vers l’exportation grâce au commerce du sel avec les pays du nord de l’Europe. Ce petit vin de soif supporte mal le transport et rencontre des problèmes de conservation. L’introduction de la distillation au XVIe siècle en Aunis et Saintonge bouleverse le destin de cette production agricole régionale. Les eaux de vie obtenues vont permettre aussi de stabiliser ce breuvage pour le transport. La production d’alcool devient progressivement la principale préoccupation des marchands. Chaque siècle apporte sa nouveauté sur le plan de la distillation et des savoirs faire. L’exploitation de la voie fluviale représentée par la Charente permet d’étendre la culture de la vigne sur la majeure partie de l’espace charentais et donne une ouverture sur le monde grâce aux ports d’estuaire de Charente et Rochefort. Le brûlage des vins va conduire progressivement au cognac qui devient un important produit d’exportation aux XVIIIe et XIXe siècles.

Son histoire commerciale est marquée par des successions de crises économiques, calamités agricoles, guerres, concurrence de produits de substitution. L’art des Charentais fut d’en faire un produit inimitable et unique au monde. Au XXIe siècle, son commerce spécifique et les revenus qu’ils procurent font toujours courir les hommes amateurs d’une grande eau de vie.

LA CROISSANCE DU MARCHE DU COGNAC AUX XVIII ET XIXe SIECLES

Malgré les difficultés, les superficies en vigne ont bien progressé depuis l’Antiquité. Durant le Moyen Âge, les surfaces plantées gagnent toute la façade atlantique et les îles

DES VINS AUX EAUX DE VIE CHARENTAISES de l’antiquité au XVIIIe siècle

La recherche archéologique vient de nous révéler une importante implantation de bassins à vin dans les fermes gallo-romaines du Centre-Ouest pour recevoir les récoltes.

VERS LE PREMIER ÂGE D’OR DU COGNAC 1780-1880

En moins d’un siècle, la vigne tend à éliminer les autres cultures par l’envol des exportations de vins et de cognac. La viticulture s’impose au centre des Charentes et devient lucrative.

UNE EXPLOSION DES SURFACES PLANTEES SOUS LE SECOND EMPIRE

L’embellie du milieu du siècle est brève ; de 1851 à 1858, les plantations charentaises subissent leur première calamité viticole avec l’oïdium. La maladie se répand rapidement de Marennes vers l’intérieur des terres et s’attaque à toutes les autres cultures.

D’IMPORTANTES CONSEQUENCES POUR LES CHARENTES

La décennie 1860 enregistre une expansion commerciale sans précédent, les sorties triplent en quelques années. Cette accélération des ventes repose sur un nouveau contexte mondial.

LE VIGNOBLE A L’EPREUVE DU PHYLLOXERA : 1870-1910

 

Cet étrange phénomène est observé dans le Gard, au nord d’Avignon entre 1863 et 1865

SAINT EMILION 1

VERS LE DEUXIEME ÂGE D’OR DU COGNAC : 1900-2017

Durant la dernière décennie du xixe siècle, le vignoble charentais est sur la voie de la reconstitution, alors que le contexte viticole national se dégrade. La surproduction de vins et d’alcools déclenche de violents mouvements sociaux dans certains milieux agricoles français.

LE VIGNOBLE A L’EPREUVE DE LA GUERRE 1914-18

Après la belle récolte de 1914, la production s’effondre, la viticulture enregistre une importante pénurie de main-d’œuvre. Les femmes et les enfants participent largement au travail de la vigne et des champs. La mobilisation et les réquisitions : chevaux, cuivre… rendent les traitements viticoles difficiles. Des comités d’actions agricoles apparaissent pour répondre aux demandes des familles paysannes. Des engrais, des semences, des prêts du Crédit Mutuel Agricole sont obtenus.

paysage viticole de Champagne
chai d'un bouilleur de cru

UNE SPECTACULAIRE CROISSANCE DES EXPEDITIONS : 1960-2017

La reprise commerciale s’effectue en plusieurs étapes. De 1960 à 1973, les exportations s’envolent au moment où les nouvelles surfaces plantées ne sont pas toutes entrées en production