( 22 SEPTEMBRE 2018)

Président de la Confrérie du Cognac

"Gérard Montassier"

 

Notre journée annuelle – la cinquième depuis la Fondation de la Confrérie-fournit l’occasion précieuse d’informer adhérents, partenaires et curieux sur notre action dans l’année écoulée. Voici donc les événements, les réflexions qu’ils inspirent et les conclusions qu’ils appellent. Je commenterai brièvement nos 6 actions menées en 2017-2018. Il s’agit :

  1. Pour le Cognac, notre action de promotion à Milan fin février.

  2. La poursuite de notre cycle de Conférences.

  3. Notre action en faveur du patrimoine monumental : son histoire, sa vocation nouvelle, sa restauration, et particulièrement Bouteville et Bassac.

  4. Notre action en faveur de la musique : nos concerts de Barbezieux, Bouteville, Bassac.

  5. Notre Séminaire à Plassac sur les trois thèmes : Cognac, Patrimoine et Numérique.

  6. Le développement et la configuration nouvelle de notre site Internet www.laconfrerieducognac.org. Une pièce essentielle pour nous.

Comme vous le voyez, nous avons développé notre action, et réussi nos projets. Ce fut une année efficace. Nous avons élargi le cercle de nos adhérents et surtout celui de nos partenaires. Quelle différence entre eux ? Nos adhérents s’intéressent à l’ensemble de nos activités. Nos partenaires ne nous aident que pour certaines d’entre elles.

Et pourtant, je ne vous cacherai pas que se sont accumulés ces temps derniers quelques incertitudes. D’où cela vient-il ? Du fait que certains de nos partenaires administratifs et techniques se réfugient dans l’immobilisme et le silence. A la fois dans le domaine des finances, ce qui n’est pas nouveau, mais aussi et surtout dans le domaine numérique, où le malaise est profond. C’est juste au moment, en effet, où l’on développe davantage chaque jour le recours au numérique, dans la vie administrative, dans la vie des entreprises, dans la vie sociale, et où l’on proclame que le numérique est la Révolution de notre siècle, que le service public du numérique s’effondre, Orange notamment, le principal fournisseur technique d’accès au numérique ! Tout cela nous a concernés. Je vais brièvement passer en revue ces différents points.

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Nous avons été invités par Business France à Milan comme nous l’avions été précédemment à Berlin. Y furent présents, au nom de leur Société, Annie Ragnaud-Sabourin, Audoin de Dampierre et François Giboin. La présentation nous fut offerte, à ma demande instante, pour nous dédommager de quelques promesses de contacts nouveaux, lors de notre présentation à Berlin, qui n’avaient pas été suivies d’effet. Cette fois ce fut très bien organisé. Et tous les Confrères, qu’ils soient producteurs de cognac venus présenter leur produit, ou simples curieux venus visiter Milan, se sont retrouvés à un dîner offert par notre Consul Général et quelques personnalités locales. Un second voyage à Rome, où l’Ambassadeur est un ami de la Confrérie, est en perspective pour l’année prochaine. Nous envisageons aussi de nous rendre à Bruxelles et en Suisse.

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Elles nous sont demandées par des Associations culturelles, et nous nous efforçons d’y répondre, quand leur thème correspond à notre vocation historique et patrimoniale. Nous avons organisé 17 Conférences depuis notre origine, dont 3 en 2017-2018. En 2017, le 23 Février à Angoulême, au Mercure, la Conférence que j’ai faite portait sur : « Quel destin pour la Nouvelle Aquitaine ? », une présentation de l’ouvrage que la Confrérie avait publié, issu de notre premier Séminaire à Plassac, chez notre Confrère A. de Dampierre.

Le 14 Octobre à l’Académie d’Angoumois, j’ai traité « La Société française : son évolution au XVII ème et XVIII ème Siècle et notre époque».

Enfin, le 6 mars 2018, à Tonnay Charente, à l’invitation de l’Association des amis du XVII ème siècle, j’ai parlé de « Corneille et les femmes ».

Nous avons choisi de privilégier Bouteville, siège de notre Confrérie, mais sans pour autant négliger d’autres sites comme on va le voir. Notre rôle ici, tel que nous le concevons, est triple :

Contribuer à la restauration, par la publicité faite autour du Monument, afin d’attirer dons et subventions. Mais ici notre rôle financier ne peut qu’être réduit : c’est l’Etat et les collectivités locales qui ont la situation en main. Ils sont en train de mettre en place un plan de financement. Nous l’avons beaucoup sollicité.

Contribuer à la connaissance de nos Monuments et de leur Histoire en suscitant des travaux de recherche et leur publication. C’est ici une des fonctions majeures de notre site Internet www.laconfrerieducognac.org, avec principalement les travaux remarquables de J.Baudet et de G.Bernard. Nous pensons que dans 5 ans au plus tard on ne pourra pas vouloir découvrir les Charentes sans devoir passer par ce site. J’y reviendrai.

Contribuer à la vie de nos monuments. On ne restaure un monument que pour le réinsérer dans la vie actuelle tout en respectant sa tradition. Nos monuments – que ce soit Bouteville ou Bassac, en cours de restauration, ou l’admirable Plassac, en parfait état, ce qui n’exclut pas la nécessité d’un entretien toujours coûteux – tous ces monuments sont des lieux parfaits pour accueillir une vie culturelle : concerts, spectacles, colloques internationaux. Une contribution exceptionnelle au rayonnement de notre Région, au plan local, national et européen. Voilà définie notre action en faveur du patrimoine.

Il faut l’envisager comme une action à long terme mais qu’il faut préparer dès maintenant : prendre des contacts, créer des liens internationaux pour être en mesure d’apporter un programme tout prêt lors de la mise à disposition des locaux restaurés du château de Bouteville.

Nous avons contribué, pour l’organisation, ou pour le financement, ou les deux, à différents concerts, toujours en liaison avec la mise en valeur du patrimoine.

A l’Eglise de Pranzac (Enregistrement d’un concert Monteverdi), au théâtre du château de Barbezieux ( Airs d’opéras), dans l’Eglise de Bouteville ( le château ne pouvant pas encore accueillir un public dans les conditions exigées par la loi) et dans l’Abbaye de Bassac

ces deux derniers concerts auxquels beaucoup d’entre nous ont assisté le 22 Septembre. Luth et guitare, dans un programme essentiellement de musique baroque, à Bouteville, et jazz, à Bassac : nous tenons à cette diversité.

Je rappelle que la devise de la Confrérie est : « Tradition et Modernité ». Dans cette action, nous nous sommes associés à deux organismes spécialisés, « Paroles d’orgues » à Pranzac, et « Festiclassique », à Pons. Nous avons été heureux de cette collaboration avec A.M.Molinié et J.Baschet, ainsi qu’avec Eric et Thomas Pellerin. Et je voudrais saisir aussi cette occasion pour mentionner le rôle majeur qu’ont joué Annie Ragnaud et Monique Fillioux dans l’organisation de ces manifestations et de notre journée.

Je leur dis toute notre gratitude.

Ce Séminaire s’est déroulé les 28 et 29 JUIN au Château de Plassac, à l’invitation d’A.de Dampierre. C’est déjà à Plassac que s’étaient tenus les travaux qui ont donné lieu à l’ouvrage sur la Nouvelle Aquitaine, d’où la dénomination de « Plassac II » pour ce nouveau Séminaire. Il nous a permis d’engager une réflexion centrée sur trois thèmes : « Cognac et numérique », « Patrimoine, tourisme et numérique »et « Charentes-Aquitaine et numérique ». On en rappellera ici les grandes lignes.

Le numérique ? Nous l’avons abordé sous toutes ses formes, qui sont nombreuses :

C’est l’objet intelligent, comme les maquettes de monuments ; ou le robot, utile dans l’accomplissement des tâches ingrates, mais stupide dès qu’on lui donne la parole ;

C’est la transmission de l’information. Sur les événements et leur programmation, par exemple ;

C’est l’expression personnelle, dans les mails et les réseaux sociaux ;

C’est le savoir, par le texte et l’image, qui peut être stocké, et diffusé. La bibliothèque devient médiathèque ;

C’est la gestion : ni les Entreprises ni les Administrations ne peuvent s’en passer pour gérer leurs dossiers, leur personnel ou leur finance.

C’est la création. Elle est monétaire, avec la monnaie numérique (le bitcoin, par exemple), et surtout les instruments de spéculation, ou de protection contre le risque, comme les produits dérivés, qui parcourent le monde de manière quasi instantanée, exprimés en monnaies désormais dématérialisées. Ou c’est la création artistique, avec les effets spéciaux, et toutes les manipulations de l’image, éventuellement en trois dimensions.Enfin ce sont des pratiques détestables, le revers de la médaille. L’incurie des fournisseurs d’accès, en totale impunité, et les trafics en tout genre : non seulement la propagande et la publicité mensongères, mais les escroqueries de toute nature, les vols d’informations sensibles, quand ce n’est pas des dossiers eux-mêmes.

Le numérique, c’est le meilleur, quand il fonctionne, et le pire, quand il est dévoyé, car il a envahi l’ensemble de notre vie.

Nous avons principalement développé les thèmes suivants :

Tous les producteurs vendeurs de cognac ainsi que les grandes Maisons de négoce ont leur site. Celui-ci présente la Société, son histoire et ses produits. Il permet aussi de prendre des rendez vous pour des dégustations et des achats, car il y a ici l’irremplaçable rencontre personnelle : c’est la dégustation pour le cognac, comme c’est la visite pour les monuments, même si les photos, vidéos et notices historiques fournissent des sources d’informations très précieuses. D’autre part, le numérique permet de créer dans les capsules des bouteilles et sur les étiquettes des messages codés permettant de contrôler les contrefaçons. Enfin, nous avons discuté d’un chapitre à prévoir sur notre site autour de la gastronomie liée au cognac. Il est en cours de réalisation. Et nous avons constaté que c’est une des parties de notre site très visitée.

Outre les utilisations classiques qu’on a signalées, (stockage et diffusion de l’information…), le numérique permet de mettre en valeur un monument par des sons et lumière, et des informations sur site préalablement enregistrées. Mais il permet aussi d’aider techniquement à la restauration : la photo aérienne, confrontée avec des plans ou des maquettes anciennes, rassemblées sur différentes périodes, rend possible une exploration d’un monument à travers les âges, ou de repérer les transformations intervenues pendant la vie de celui-ci. Ces techniques sont également d’un grand secours en matière de fouilles archéologiques.

D.Dodeman, Architecte en chef des Monuments historiques, nous a présenté des documents remarquables sur les diverses utilisations de ces technologies numériques.

L’Eglise Saint Paul de Lizonne et la Mairie de Saint Romain ont également mis en place un site et une animation numériques pour mieux se faire connaître et attirer le tourisme dans leur commune, comme nous l’ont expliqué leurs responsables. Expérience intéressante qui démontre que le numérique est aussi utile aux petites communes qu’aux grandes.

Le tourisme requiert à la fois les capacités d’information et de communication du numérique sur les sites à visiter, et sur les conditions de leur accès, mais aussi sur l’hébergement qui permet d’organiser un séjour.

La stratégie de « Charentes-Tourisme » présentée par un de ses Présidents, J.H.Lelièvre, repose sur trois piliers : le tourisme en vélo, avec notamment un itinéraire balisé de l’Atlantique au Périgord sur 290 km., le « géocaching », découverte du type chasse au trésor pour déboucher par surprise sur un site inattendu, et la création envisagée d’une marque « Charentes-tourisme-cognac country » pour attirer la clientèle étrangère. C’est en effet le point faible : ce tourisme, tel qu’il est conçu, est très local, souvent lié aux familles étrangères en résidence, comme les 5.000 anglais qui sont établis dans nos deux Départements. En fait, nous n’attirons que 14% de touristes étrangers. Pourtant les moyens ne manquent pas : Charentes Tourisme a un budget de 6 millions d’euros. Mais l’exemple de Régions qui ont réussi à attirer le tourisme international, sans pour autant avoir un patrimoine supérieur au nôtre, loin de là, est très clair : il faut dans nos Monuments, comme chez eux, créer des événements culturels -concerts et spectacles- qui soient d’envergure internationale, comme à Avignon, Orange ou encore à AIX. Le cyclotourisme, le geocaching, et le Festival de la BD en hiver, sont trop particuliers et insuffisamment attractifs pour engendrer un tourisme international.

En revanche, les maisons d’hôte de grande qualité se multiplient dans notre Région : c’est une ressource précieuse. B.Astor, de Rouillac, est venu nous présenter la suite et les 3 chambres qu’il met à disposition des voyageurs dans sa maison familiale entourée d’un grand parc, propice aux concerts, et remplie des plus belles réalisations de l’artisanat local, qui est remarquable dans notre Région, qu’il s’agisse du bois, du verre, de la pierre ou des métaux. Nous nous y intéressons particulièrement.

il a été construit autour de nos thèmes fondamentaux.

On y présente le cognac à travers les trois siècles de son histoire, et sa situation actuelle. Sa gastronomie avec différentes recettes, les adresses de fournisseurs : il faut divulguer et diffuser nos ressources.

Dans une autre section, c’est notre Région, son histoire, ses Monuments, ses grands hommes, qui est présentée. Nous serons bientôt comme je l’ai dit « incontournables » pour ceux qui veulent nous connaître. Mais dans ce domaine, la tâche est toujours inachevée… Puis c’est la France et l’Europe, avec leurs aspects fondamentaux et leur actualité qui sont abordées dans leur section respective. Ici, nous sommes tournés vers l’actualité. D’où des articles sur la commémoration de mai 68, sur la diplomatie française, ou sur la recherche historique actuelle. La tradition s’éclaire à la lumière de la modernité, et la modernité est indéchiffrable sans la tradition. « La vérité est fille du Temps… » écrivait un historien italien, Siri, au XVIIème Siècle.

Enfin, nous pouvons éditer plusieurs livres- une dizaine sur notre site- comme nous l’avons fait pour la Nouvelle Aquitaine.

L’auteur de ce site, C. Dereix de Laplane, est venue nous expliquer sa démarche, et les principales règles à observer dans la gestion d’un site: soigner la présentation de façon très spécifique en vue du référencement sur les moteurs de recherche, et notamment sur Google.

Elle nous a également communiqué les statistiques des visites sur notre site depuis janvier 2018, quand a commencé notre référencement. De Mai à septembre nous avons triplé nos visites mensuelles pour aboutir au chiffre de 1277 pour septembre. Les Etats Unis viennent en tête avec 435 visites, suivis de l’Italie, 312, Russie 29 et Chine 20 ferment la liste. Les parties du site les plus visitées ont été : « les cognacs haut de gamme », « le Duc d’Epernon » et « l’Histoire de l’Aquitaine ».

Nous sommes très reconnaissants à Catherine Dereix d’avoir réussi notre démarrage et de veiller à notre développement.

Nous pourrions être heureux de notre situation, et envisager l’avenir avec confiance. Nous sommes partis de rien : on vient de voir où nous en sommes. Nous n’avons pas de dettes ni de déficit. Pas d’avance non plus. Heureusement nous avons nos adhérents et quelques mécènes qui nous permettront au moins de poursuivre notre tâche, et d’attendre des jours meilleurs pour développer notre action. Je rappelle que nous avons le droit de défiscaliser, jusqu’à 66%, les dons qu’entreprises ou particuliers veulent bien nous faire. Je lance donc un appel au mécénat auprès de ceux qui approuvent notre démarche.

Nous avons besoin, en outre, de trouver 20.000 € chaque année de subvention pour réaliser nos actions au niveau que j’ai présenté. Ce que nous ont apporté l’Etat et la Région. Mais nous n’avons encore rien touché cette année de l’Etat comme de la Région…L’Administration, nationale comme régionale, a pris cette année d’étranges habitudes. Ce n’est ni oui, ni non. C’est l’absence et le silence.

Plus inquiétante encore est la situation actuelle du numérique et les perspectives qu’il nous offre. Le numérique, notre III ème Révolution, celle de la connaissance, après la Révolution agricole, puis industrielle ne va pas bien. A l’occasion du Séminaire de Plassac, nous avons mené une enquête pour être tous éclairés sur la situation du numérique en France et en Charente. En voici les résultats.

La situation nationale se caractérise par une immense confusion, qui aboutit à créer de grandes différences entre les Départements et entre les territoires de ces Départements, ruraux et urbains. En France aujourd’hui, il y a 77 millions de portables en service, soit plus d’un par habitant. On ne saurait imaginer un moyen de communiquer plus démocratiquement répandu. Mais les réseaux sont dans un tel état que subsistent de nombreuses zones « blanches », ou quasi blanches, où le portable ne fonctionne pas : alors, que le téléphone est censé supprimer les distances et les déplacements, il faut aller chercher un lieu où accède le réseau !Pour internet, non seulement 30% de la population ne sait pas s’en servir, mais l’accès est également très inégal, et il en résulte qu’en matière d’utilisation d’internet, la France est l’avant dernière des pays de l’Union européenne, 27 ème sur 28 !

La situation du Département de la Charente se définit par les données suivantes : 7.000 prises, soit 3% des foyers n’ont aucun accès au portable et à internet, et 35.000 ont un débit autour de 3 mégabits- entre 3 et 8 mégabits- ce qui ne permet pas un internet de bonne qualité. La Charente compte au total 225.000 prises, reliées par les fils de cuivre de l’ancien France-Télécom, des fils très mal entretenus par Orange, d’où les coupures et dysfonctionnements divers. Il est prévu qu’elles seront toutes équipées en fibres optiques au début de 2022. Mais d’ici là, la Région du cognac, qui est évidemment rurale pour l’essentiel, ne sera pas dans la meilleure situation. C’est le moins qu’on puisse dire.

La Confrérie du cognac en a fait elle-même la triste expérience. Le siège de la Confrérie, à Touzac, a été totalement privé de téléphone, portable et fixe, ainsi que d’internet, pendant un mois d’affilée, du 24 août au 24 septembre, – pendant la période de préparation de notre journée ! – et celui de la Vice- Présidente à Ambleville pendant la même période. Beaucoup d’entre vous se sont étonnés de nos soudaines disparitions : vous en connaissez maintenant les raisons. Ce fut un cauchemar. Comment a-t-on pu en arriver là ?

« Charente numérique », l’Institution qui est en charge pour le Département de l’aménagement prévu, a bien voulu nous fournir les informations relatives à la Charente. Comment nous situons-nous par rapport à d’autres Départements ? Les Départements ont eu le choix d’engager, ou non, les investissements nécessaires pour passer à la fibre optique. Certains Départements sont déjà totalement équipés. Dans notre Région de Nouvelle Aquitaine, les situations sont très diverses. Le Département de la Charente ayant sagement décidé de faire un gros effort, devrait donc être entièrement équipé en 2022, pas avant, mais d’autres Départements voisins devront attendre quelques années de plus, peut-être jusqu’en 2030, comme les Deux Sèvres, la Dordogne, la Vienne ou le Lot, pour se voir entièrement équipés. Sauf à faire un effort exceptionnel.

Cette situation qui met notre pays dans une si mauvaise position, avec les répercussions évidentes sur sa vie économique et sociale, est le résultat de la privatisation de France-Télécom, entre 1998 et 2003, qui a été réalisée sans aucune stratégie de gestion ni de développement. Associer les capitaux privés à la gestion publique était certes nécessaire, vu l’ampleur des investissements à accomplir pour généraliser l’accès au numérique, et il était indispensable de rassurer les investisseurs sur la rentabilité de leurs apports. Mais l’Etat a renoncé même à imposer une obligation de qualité du service. Ce sont les opérateurs qui sont sortis victorieux de la partie de bras de fer avec l’Etat. La responsabilité de l’Etat est donc évidente dans ce naufrage. Et le redressement n’est pas vraiment garanti. L’aménagement en fibre optique en est le début nécessaire. Mais, comme on l’a vu, c’est toute la gestion du système qui est à repenser. Qui en a la responsabilité ? Le Secrétaire d’Etat en charge du numérique ? Il existe, mais il est aux abonnés absents. Le numérique est partagé pour sa tutelle entre le Ministère de l’Aménagement du Territoire et celui des Finances. Etrange combinaison, qui n’inspire guère confiance : les responsabilités diluées se transforment vite en responsabilités évaporées.

La responsabilité d’Orange n’est pas moins évidente, encore aggravée par ses modes de gestion. Orange ne se soucie que de sa rentabilité, et c’est le frein permanent mis à l’entretien des équipements, fort délabrés. La sous-traitance est généralisée, mais de très médiocre qualité, – ce n’est que le 4ème rendez-vous proposé qui a été honoré par le sous-traitant pour la Confrérie du cognac, quand elle était en panne, les trois autres rendez-vous ont été manqués, sans avertissement ni excuse, car le sous -traitant a été « retenu ailleurs », ou, dans un cas, n’avait pas trouvé l’adresse ! D’où la longueur de la défaillance, car ils cafouillaient autant pour trouver la panne que l’adresse. Il n’y a pas d’argent pour entretenir le réseau, mais Orange dégage 100 millions d’euros sur 5 ans pour financer des séries filmées ! On verra donc « Devils » (« Les Diables ») thriller financier en 2020, pendant que nos fils de cuivre continuent de pourrir. Le monde d’Orange sera bien diabolique…

On le voit déjà aussi dans les relations avec la clientèle qui sont organisées de façon désastreuse. Il n’y a pas de responsable départemental d’Orange. Les bureaux d’accueil de Cognac et d’Angoulême n’ont même pas de numéro de téléphone où les joindre ! La raison fournie ? Le personnel ne peut en même temps répondre au téléphone et répondre aux questions des très nombreux visiteurs…On ne peut jamais atteindre un agent d’un siège quelconque. Il faut toujours passer par le même numéro 3900 qui met immédiatement en relation avec un robot, stupide comme ils le sont généralement, et dont la réplique favorite est : « je ne vous ai pas compris ». La stratégie d’Orange consiste clairement à construire un abri inviolable vis-à-vis de ses utilisateurs, dans la plus totale impunité et dans l’indifférence absolue des pouvoirs publics. L’irresponsabilité organisée. De 2003 à 2022 : c’est long.

Voilà ce qui explique qu’on puisse être satisfait de nos réalisations, mais pour les projets…Soyons prudents.

Je proposerai pour 2019 un Séminaire sur le thème « Le Cognac et l’Europe ». Il sera décliné en trois chapitres : « 1. Le marché européen du cognac, 2. Le tourisme européen dans notre Région, 3. Culture européenne et Nouvelle Aquitaine. L’apport des européens dans notre patrimoine ? Présence de la Culture européenne actuelle en Aquitaine : sous quelle forme et selon quels échanges culturels avec les pays européens ? » en invitant de nombreux participants venus de nos pays voisins.

Et j’envisagerai au second semestre – ou l’an prochain- un autre Séminaire sur : « Notre époque et la finance : comment les accorder au mieux au niveau local, national et mondial ? » un thème que nous avons défriché dans notre précédent livre « Quel destin pour la Nouvelle Aquitaine ? » et que l’on devra approfondir. Il s’agit dans les deux projets de poursuivre l’exploration de notre époque – ce qui est le rôle majeur de la culture- comme on l’a fait avec notre plongée dans le numérique. 2018 a donc été une année de transition. Pas seulement pour nous. Mais de transition vers quoi ?

 

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