``Auteur Jacques Baudet. Historien``

Berlin et la culture française au temps de Frédéric II (1740-1786)

S’il est assez courant dans l’histoire européenne d’opposer les cultures allemande et française, il convient pourtant de penser qu’il y a eu au fil des siècles comme avec d’autres pays tels que l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie, entre autres, des interpénétrations et des influences réciproques. S’il est bien connu qu’au XVIIIe siècle, l’intelligentsia et les chancelleries européennes parlaient français tant à Saint-Petersbourg qu’à Vienne ou même à Londres, à Berlin et au royaume de Prusse avec Frédéric II de Hohenzollern, roi de 1740 à 1786, la pratique de la langue française comme les références à la culture française ont été particulièrement importantes. C’est paradoxalement avec l’occupation française de la Prusse en 1806 – alors que Napoléon Bonaparte voulait établir une Europe française – que la langue comme la culture françaises sont devenues détestables aux yeux des ressortissants de langue allemande et de la Prusse en particulier. Cependant il en est resté aujourd’hui encore des références tant dans la langue allemande que dans divers domaines comme l’architecture, la gastronomie et même dans l’organisation militaire ! Le règne de Frédéric II de 1740 à 1786 a été en ce sens déterminant. Voyons d’abord qui était Frédéric II, à la personnalité complexe, pour voir ensuite comment il s’est passionné pour la culture française et de quelle façon il l’a traduite dans sa vie et les réalisations au cours de son règne.

 

 

 

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Frédéric-Guillaume Ier2, surnommé le « Roi-Sergent », meurt en 1740. Frédéric a vingt-huit ans quand il monte sur le trône. Il s’est immédiatement ingénié à faire exactement le contraire de son père.

Frédéric-Guillaume était pieux et vivait dans la crainte de Dieu. A l’inverse, son fils peuple sa cour d’esprits forts comme Voltaire, d’athées déclarés comme Julien-Jean Offray de La Mettrie3 ou de prêtres hérétiques comme l’abbé de Prades4 dont il a fait son lecteur après que ses thèses aient été condamnées par la Sorbonne en 1752. Il a été initié à la franc-maçonnerie et il a été calculé qu’il n’a assisté à un service religieux que neuf fois en quarante-six années de règne. Frédéric-Guillaume avait ponctuellement rempli ses devoirs conjugaux et fait quatorze enfants à sa femme. Son fils, qu’on avait certes marié sans lui demander son avis, a envoyé son épouse au château de Schönhausen, en dehors de la capitale, lui a interdit de venir à Sans-Souci et ne l’a croisée à Berlin que par obligation protocolaire. Il n’a eu aucun héritier. Frédéric-Guillaume avait prudemment évité d’engager son armée dans des aventures guerrières. Son fils n’a pas achevé la première année de son règne qu’il a envahi la Silésie et de ce fait déclaré la guerre à l’Autriche. Frédéric-Guillaume était avare et méprisait toute forme de culture. Son fils s’est aussi montré près de ses sous sauf justement dans le domaine culturel que son père avait dédaigné avant lui ! Le père craignant que son fils ne soit pas un homme suffisamment viril pour être un homme de guerre, ayant découvert que Frédéric disposait d’une bibliothèque de livres exclusivement français, avait ordonné la destruction de ladite bibliothèque et de mettre tous les livres au feu !

Dès son accession au trône, Frédéric prend, selon une formule de Pierre Gaxotte, « vingt édits à faire pâmer un philosophe » : il abolit la torture, interdit les brimades dans l’armée, allège les peines prévues pour avortement, assouplit la censure de la presse et de l’imprimerie, supprime la peine de mort pour les voleurs, supprime l’obligation des dispenses ecclésiastiques pour les mariages entre parents éloignés et prend un édit de tolérance sur le libre exercice de tous les cultes. Vers la fin de son règne, il a essayé de supprimer le servage mais il s’est heurté à l’aristocratie terrienne.

Aux yeux de l’Europe entière, il incarne désormais ce que l’on a appelé plus tard « le despotisme éclairé », une expression que ni Voltaire ni aucun philosophe n’a utilisé puisqu’elle a été suscitée et répandue par des historiens au XIXe siècle … Sceptique en matière de religion, pour ne pas dire athée, Frédéric ne croit pas au principe de la monarchie de droit divin et il entend bien séparer politique et religion. C’est pourquoi il a refusé la cérémonie du couronnement qu’il considère comme une superstition. En revanche, il justifie le système de la monarchie héréditaire par des arguments rationnels qu’il oppose à la république mais aussi à la monarchie élective comme cela est pratiqué en Pologne.

Derrière cette idée de « despotisme éclairé » se cache une autre réalité sans doute plus importante : Frédéric II a eu l’appui et la considération de ce que l’on appelle aujourd’hui l’intelligentsia ou plus simplement les intellectuels et particulièrement des Français. Au XVIIIe siècle, c’est un phénomène nouveau. Frédéric II a cherché à cajoler les membres  les plus illustres de la république des lettres, à les attirer à Berlin et en faire en quelque sorte des agents d’influence à sa politique. Certes, bien des rois avant lui – et on pense en particulier à Louis XIV – ont protégé des artistes, pensionné des écrivains, mais de là à utiliser des étrangers pour servir son prestige et sa politique, c’est une idée neuve5. Le résultat a dépassé ses espérances au point qu’il a été plus populaire à l’étranger que dans son propre pays.

Mais que l’on ne s’y méprenne pas. Frédéric II a hérité de son père un mépris des hommes en général et de ses ministres en particulier, des colères fréquentes, un exercice solitaire du pouvoir ainsi qu’une incapacité à déléguer, ne serait-ce qu’une parcelle de ses prérogatives. A cela s’ajoute une politique étrangère agressive et impérialiste. Il a déclenché la guerre de Succession d’Autriche6 dès son accession au trône en 1740 en s’emparant de la Silésie et en 1756 la guerre de Sept Ans7 en attaquant la Saxe. On lui a toujours tout pardonné parce qu’il a été aux yeux des « philosophes » du XVIIIe siècle l’incarnation de la libre pensée. A plus forte raison on lui a aussi pardonné le partage de la Pologne du simple fait que cette nation très catholique n’a été guère populaire chez les défenseurs des idées nouvelles autrement dit de « la philosophie des Lumières » …

C’est que les beaux esprits contemporains de Frédéric II ont une autre raison de tout accepter du monarque : au château de Sans-Souci, ils partagent son intimité. Voltaire8 a sa chambre à proximité de celle du souverain. La fameuse « table ronde » de Sans-Souci voit se dérouler de longues conversations où le roi se montre brillant causeur. Voltaire a évoqué ces soirées : « On soupait dans une petite salle dont le plus singulier ornement était un tableau dont le roi avait donné le dessin à Pesne9, son peintre. C’était une belle priapée10. Les repas n’étaient pas moins philosophiques. Un survenant qui nous auraient écoutés, en voyant cette peinture aurait cru entendre les sept sages de la Grèce au bordel. Jamais on ne parla en aucun lieu du monde avec tant de liberté de toutes les superstitions des hommes et jamais elles ne furent traitées avec plus de plaisanteries et de mépris ». Il convient d’ajouter que si les conversations étaient exclusivement en français, la cuisine était aussi d’inspiration française puisque Frédéric II a eu longtemps pour principal maître-cuisinier le Français André Noël11 (1726-1801) dont le père était pâtissier à Angoulême.

Voltaire est le plus connu de ces invités de marque mais il est loin d’avoir été le seul. Il a eu beau prendre toute l’Europe à témoin de ces querelles finales avec le roi de Prusse, il n’a pas réussi à décourager d’autres beaux esprits. En 1763, soit dix ans après son départ précipité, d’Alembert12 a fait à son tour le voyage. Il est vrai qu’il a refusé la présidence de l’Académie de Berlin que le roi lui a offert mais il est demeuré tout de même trois mois à Sans-Souci, conversant et se promenant chaque jour avec son hôte. Diderot13, admirateur pourtant de Catherine II de Russie, la « Sémiramis du Nord », s’il a préféré aller à Saint-Petersbourg, a cependant tenu des propos dithyrambiques en l’honneur du « roi philosophe ». On trouve les mêmes propos flatteurs sous la plume de Mirabeau14 qui s’est trouvé à Berlin à la mort de Frédéric II en 1786.

Frédéric parle mieux le français que l’allemand et il a pu, de fait, reprendre à son compte cette assertion faite trois siècles avant lui par Charles-Quint qui aurait dit : « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval ». Il pense, il s’exprime et écrit en français. Son admiration pour la culture française et notamment pour les auteurs classiques du XVIIe siècle, Racine en tête, est si exlusive qu’à la fin de son règne, il a été indifférent à l’émergence d’une grande littérature de langue allemande notamment avec Johan-Wolgang von Goethe15 et Friedrich von Schiller16 alors même qu’il a été considéré par beaucoup de jeunes Allemands comme leur héros.

Frédéric II est également homme d’esprit et les salons européens se font l’écho de ses bons mots. Pendant la guerre de Sept Ans, à l’ambassadeur d’Angleterre qui lui annonce la perte de Port-Mahon17 en ajoutant : « Nous réparerons cet échec avec l’aide de Dieu », il lui répond ironiquement : « Je ne savais pas Dieu au nombre de vos alliés ». « C’est pourtant, Sire, le seul qui ne coûte rien » réplique l’ambassadeur avec quelque insolence faisant allusion aux subsides que l’Angleterre verse à la Prusse. Le roi ne relève pas mais c’est lui qui a eu le dernier mot : « Aussi, vous voyez qu’il vous en donne pour votre argent ! »

Il a milité à partir de 1788 pour l’abolition immédiate de la traite des Noirs et progressive de l’esclavage dans les colonies. Aristocrate déclassé pour ses nombreux séjours en forteresse (île de Ré, Vincennes, Bastille et château d’If) suite à ses dettes de jeu, il a été cependant élu pour le Tiers-Etat en Provence en 1789. Aux Etats-Généraux à Versailles, il devint l’un des principaux orateurs. L’abbé Siéyès lui donna le titre d’ « Hercule de la Liberté ». Mis à sa mort au Panthéon, il en fut retiré pour avoir été en secret partisan de la monarchie constitutionnelle.

 

 

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Des fondations culturelles

Son attirance pour les choses de l’esprit, scientifiques ou littéraires, a conduit tout naturellement le jeune prince dès son accession au trône à rétablir l’Académie de Berlin, créée par son grand-père Frédéric Ier et dissoute par son père. Cette nouvelle fondation reçoit le nom d’Académie royale des sciences et belles lettres. Inaugurée au château en janvier 1744, elle comprend quatre sections – philosophie, littérature, mathématiques, physique – de six membres chacune. Frédéric veut y attirer des étrangers et principalement des Français. Dans le domaine philosophique il lui est aisé de faire appel à des proscrits des autres cours européennes auxquels il apporte un refuge inespéré comme pour le philosophe matérialiste Julien-Jean Offray de La Mettrie, l’auteur de L’homme-machine, qui a dû fuir la France et même la libérale Hollande en raison de ses idées ou le marquis Boyer d’Argens18, auteur de pamphets contre le christianisme. Frédéric est plus heureux encore dans le domaine scientifique : il fait venir à Berlin le grand mathématicien suisse Euler19, l’ingénieur Jacques de Vaucanson20 et le français Pierre-Louis Moreau de Maupertuis21 qui a présidé l’Académie jusqu’à sa mort en 1759. Savant authentique, disciple de Newton, Maupertuis, à la suite d’une expédition en Laponie, a réussi à prouver l’aplatissement de la planète aux deux pôles. Son malheur a été d’avoir été détesté par Voltaire qui l’a tourné en ridicule avec autant de talent que d’injustice …

Protecteur des artistes et passionné de musique, il joue fort bien de la flûte traversière, Frédéric a composé une centaine de sonates et en mai 1747, il a reçu Jean-Sébastien Bach22 qui, une fois revenu à Leipzig, lui a fait hommage de son Offrande musicale. Son fils, Carl-Philipp-Emmanuel Bach23, qui accompagne à l’occasion le roi au clavecin, est demeuré vingt-huit ans à Berlin.

Le Roi-Sergent s’était débarrassé des musiciens. Non seulement Frédéric les a fait revenir et pour eux il fait construire un Opéra à Berlin dont la réalisation a été confié à l’architecte Georg-Wenceslaus von Knobelsdorff24. En juillet 1740, moins de deux mois après son accession au trône, un terrain est dégagé à Unterlinden, la première pierre est posée solennellement en septembre 1741 et l’Opéra est terminé un an plus tard pour être inauguré en décembre 1742. La décoration a été confiée à l’Italien Giuseppe Galli di Bibiena et pour le corps de ballet, Frédéric réussit à faire venir quelque temps la danseuse italienne Barbera Campanini, dite la Barberina, après l’avoir faite enlever à Venise et amener de force à Berlin … C’est encore l’Italie qui reste la référence pour la musique.

Sans-Souci

Pour l’architecture, c’est la France qui sert plutôt de modèle. Frédéric ne se plaît pas dans l’austère château de Berlin ni dans celui de Charlottenburg, pourtant agrandi par l’architecte Knobelsdorff et décoré dans le style rococo mais qui est trop près de Berlin. A la manière de Louis XIV qui avait délibérément choisi le site de Versailles pour s’éloigner de Paris, Frédéric choisit Potsdam dont le Roi-Sergent avait fait une caserne mais qu’il est facile de réaménager de façon plus avenante. Selon la formule de Voltaire Frédéric II a fait de cette Sparte une Athènes. C’est surtout la construction de Sans-Souci. A quelque distance de Berlin, sur une petite hauteur où Frédéric a l’habitude de venir souvent à cheval en promenade, il à l’idée d’en faire creuser les pentes pour l’aménagement de six terrasses reliées par un escalier puis de faire le tout surmonté d’un petit château dont il fait sa résidence d’été. Comme l’indique le choix du nom, le roi imagine à cet endroit un havre de tranquillité et de repos, voué à l’art et aux choses de l’esprit, loin des soucis immédiats du pouvoir. Les proportions comme les aménagements son modestes : les terrasses sont plantées de vignes, d’arbres fruitiers et de cultures potagères. A proximité, un moulin à vent donne un caractère rustique à l’endroit. Le luxe et l’élégance sont dans la décoration intérieure et extérieure ce qui fait de Sans-Souci un des sommets de l’art baroque allemand. Les travaux ont duré deux ans. Frédéric s’y installe en 1747 et vient y passer tous ses étés sauf quand la guerre le tient éloigné de Berlin. Au fil des années, plusieurs pavillons et bâtiments annexes ont été construits dans le parc. Knobelsdorff aménage une orangerie qui, vingt ans plus tard, est transformée en nouveaux appartements (d’où l’appellation allemande de Neue Kammern) pour les invités, ainsi qu’une « grotte de Neptune » avec des coquillages incrustés et, plus surprenantes, des ruines factices au sommet d’une colline qui prend le nom de Ruinenberg. Après la mort de Knobelsdorff en 1753, son successeur Johan-Gottfried Büring25 construit en 1757 le ravissant pavillon de thé chinois, la Chinesisches Haus, ornée de figures de musiciens chinois et d’animaux. On dit que l’un des singes porte les traits de Voltaire … En 1764, Knobelsdorff y ajoute un peu plus loin une galerie de tableaux, la Bildergalerie, pour abriter les collections du roi. Là encore, Frédéric II a fait figure de novateur puisque c’est le premier édifice en pays germanique destiné à devenir un musée d’art. On y trouve aujourd’hui une grande collection de tableaux de Rubens, Van Dyck, Caravaggio et autres peintres du XVIIe siècle.

Quand il était prince héritier et qu’il vivait au château de Rheinsberg, Frédéric avait fait ses premiers achats de tableaux. Ses peintres préférés étaient alors des contemporains et une fois de plus des Français. Par-dessus tout, Watteau26 et ses élèves Lancret27 et Pater28. Dans l’entourage du roi, on a vu aussi Antoine Pesne, d’origine huguenote, auquel Frédéric-Guillaume Ier avait commandé les portraits officiels. Frédéric II lui confie la décoration de Charlottenburg et de Sans-Souci. Il veut aussi faire venir d’illustres peintres français. François Boucher29 invité s’étant récusé, le roi s’est rabattu sur Amédée Philippe Van Loo30, neveu de Carle Van Loo31, qui succède à Pesne comme peintre de cour.

Bien qu’il ait voulu éviter à Sans-Souci la monumentalité de Versailles, il s’en inspire pourtant pour avoir un palais digne de la puissance de la Prusse. A l’extrémité du parc de Sans-Souci, il charge son architecte Johann-Gottfried Büring d’édifier ce qui a été ensuite appelé le « Nouveau Château ». Alors que l’art baroque est abandonné dans toute l’Europe et qu’on en revient au néo-classicisme, Frédéric II et son architecte y sont fidèles. Le rez-de-chaussée avec ses fausses grottes en incrustations de coquillages, de coraux et de verreries, s’inscrit dans la tradition du rococo. Le reste du château oscille curieusement comme la personne même du roi entre l’ostentation et la réserve. Les pièces de réception se veulent grandioses alors que les escaliers sont discrets. Autre entorse inattendue aux normes de l’architecture baroque : le théâtre ne comporte pas de loge royale. Frédéric préfère assister aux spectacles depuis l’orchestre.

Dans les dernières années du règne, un nouvel architecte, d’origine huguenote, Karl von Gontard32, a construit pour Frédéric II dans le parc de Potsdam une seconde « chinoiserie », la Maison du Dragon (Drachenhaus en allemand).

 

 

 

 

 

 

 

Mais Frédéric II n’en oublie pas pour autant Berlin, sa capitale, dont il veut en faire une ville dont le rayonnement doit s’étendre sur toute l’Europe et dont quelques bâtiments doivent en être le symbole. C’est ainsi qu’il décale vers l’ouest le centre de la ville, de l’île de Cölnn et de son château vers la rive droite de la Spree. Unter den Linden, l’ancienne « allée de tilleuls » tracée par le Grand Electeur, son grand-père, en devient la colonne vertébrale à l’égal à Paris des Champs-Elysées. A mi-chemin de la Spree et de la Friedrichstrasse, le roi fait construire un ensemble de bâtiments prestigieux constituant – référence antique oblige – le « Forum Fridericianum »

Le roi veut aller vite et, dès 1742, l’Opéra est en place. Mais l’argent manque et les travaux traînent en longueur. Un architecte d’origine hollandaise, Johann Boumann, succède à Knobelsdorff. En face de l’Opéra, il entreprend un palais pour le prince Heinrich, frère cadet du roi. Commencée en 1748, la construction s’éternise. En 1766, seul le bâtiment de façade est achevé. Il a été incorporé plus tard à l’Université Humboldt. De 1740 à 1742, il a eu aussi à cœur de faire rénover et agrandir pour sa mère Sophie-Dorothée de Hanovre, le château de Monbijou33, au nom bien français, construit en 1706 sur la rive Nord de la Spree.

En 1747, le roi prend une décision inattendue en terre protestante : il fait construire par un architecte français, Jean-Laurent Legeay, une cathédrale catholique dédiée à sainte Hedwige34. S’il est un trait de caractère qui est à mettre au crédit du grand roi, c’est bien son esprit de tolérance peu répandu à l’époque : la plupart des princes allemands protestants qui s’indignent de la révocation de l’édit de Nantes, font preuve dans leurs Etats du même sectarisme envers les catholiques que Louis XIV envers les huguenots. Certes le geste de Frédéric n’est pas exempt d’arrière-pensées politiques : la communauté catholique de Berlin ne cesse de s’agrandir d’autant que la Silésie récemment arrachée à l’Autriche des Habsbourg est en terre catholique … et a pour patronne sainte Hedwige. Reste que l’attitude de Frédéric envers les catholiques a de quoi faire se retourner ses ancêtres dans leurs tombes et qu’elle étonne ses amis « philosophes » impatients d’ « écraser l’infâme ». D’Alembert lui ayant suggéré très sérieusement de placer le buste de Voltaire35 dans la cathédrale n’a droit qu’à une réponse ironique : le patriarche de Ferney s’y ennuierait ferme ! Même chose lorsque les jésuites sont expulsés de France et trouvent refuge à Berlin comme les huguenots avant eux. D’Alembert proteste mais cette fois il se fait rabrouer sèchement. Frédéric a planté sa cathédrale au milieu de son Forum. C’est lui, dit-on, qui aurait suggéré à l’architecte cette coupole aplatie imitée de celle du Panthéon à Rome. Une autre version vient attribuer à cette forme une origine moins académique. Elle aurait été inspirée au roi par une tasse qu’il aurait renversée lorsque la délégation des catholiques était venue le déranger pendant son petit-déjeuner. Si non e vero e bene trovato

Les protestants ne sont pas oubliés. Pour eux Frédéric fait démolir la vieille cathédrale en face du château et fait élever par Boumann un nouveau temple plus spacieux qui lui -même a été remplacé au début du XXe siècle et où sont placées les sépultures de la famille royale. Dans les années 1770, l’architecte Karl von Gontard, à la Gendarmenmarkt, l’une des plus belles places de Berlin, couronne de deux petites coupoles les églises jumelles, l’une française, l’autre allemande qui encadrent de façon symétrique le Konzerthaus formant un trio architectural harmonieux. Dans l’église française, Französischer Dom, on célèbre encore aujourd’hui le culte en français. Au rez-de-chaussée, le Huguenottenmuseum retrace l’histoire des protestants français venus se réfugier à Berlin.

Sur cette même place de la Gendarmenmarkt, le roi décide de remplacer les écuries militaires par un théâtre qui est construit par l’architecte Johann Boumann36 entre 1774 et 1776. Comme à cette époque le roi, la Cour et toute la classe cultivée ne parlent guère d’autre langue que le français, il s’agit du « Théâtre français » – c’est sa dénomination – qui a été inauguré le 22 avril 1776 avec Polyeucte de Corneille.

Entre 1775 et 1780, Frédéric reprend son idée de Forum au centre de Berlin. Il fait construire à côté de l’Opéra une superbe bibliothèque contenant 150 000 volumes. Sa façade renflée lui vaut de la part des Berlinois le surnom de die Kommode et on a d’ailleurs raconté que l’architecte s’est effectivement inspiré du dessin d’un meuble. Le roi veut aussi embellir Unter den Linden : il y fait démolir les vieilles bâtisses et construire une cinquantaine d’immeubles de quatre étages. L’aspect de l’ancienne allée cavalière se transforme peu à peu pour y accueillir les premiers cafés.

A l’autre extrémité du Tiergarten, au bord de la Spree, le plus jeune frère du roi se fait bâtir en 1785 un joli château de style néo-classique, le château de Bellevue. Cette dernière construction a survécu à la guerre : Bellevue est aujourd’hui la résidence du président de la République Fédérale d’Allemagne, l’équivalent du palais de l’Elysée à Paris.

 

 Frédéric II n’en demeure pas moins un bon Prussien. Il aime certes les arts et la philosophie mais aussi l’armée. En trente-six ans de règne, le nombre des soldats est passé de 76 000 à 190 000. Sur ce point au moins, son père, le Roi-Sergent, aurait été satisfait de son fils. Comme le recrutement local ne peut suffire, on achète des mercenaires tsiganes, espagnols, français et même tartares. Pour maintenir un minimum de cohésion dans cette troupe hétéroclite, la discipline y est sévère et la vie de l’homme de troupe n’a rien d’enviable. Une chanson de soldats de l’époque a pour refrain : « Berlin, Berlin, vallée de douleurs ! Rien à trouver que larmes et peurs ! » Il convient de noter en passant l’abondance de mots français dans le langage militaire à l’époque de Frédéric II et qui ont subsisté juqu’à nos jours. On trouve les mots : regiment, armee, division, zitadelle, caserne, gendarmerie, infanterie, korps, truppe, patrouille, garnison et jusqu’aux grades : adjudant, sergeant, kommandant, major, offizier et unteroffizier, feldmarshall, feldgeneral, kaporal, kapitän et juqu’aux mots trompette, salve, deserteur et même retirade (pour retraite), represailles et massacre… Des mots français à peine germanisés… On peut attribuer l’emploi de ce vocabulaire comme l’organisation militaire à l’arrivée après la révocation de l’édit de Nantes en Prusse des officiers huguenots venus se réfugier et transportant ainsi avec eux leur culture, leurs méthodes et leur savoir-faire ? On peut noter en effet qu’après 1685, les troupes de Louis XIV avaient subi de nombreux revers au point que Vauban, inquiet de la situation et conscient du problème, avait alerté le roi pour lui demander de « révoquer la révocation » …

Frédéric se sert de son armée mais toutes ses campagnes n’ont pas été des triomphes. Berlin a eu à subir pendant la guerre de Sept Ans de 1756 à 1763 de lourdes épreuves dues à sa témérité. C’est paradoxalement pour renforcer sa capitale qu’il s’est lancé dans la guerre. Quand son armée franchit par surprise la frontière avec la Saxe à l’aube du 26 août 1756, son but est de conquérir la Saxe voisine et d’élargir ainsi l’arrière-pays berlinois. Dresde est occupée et le roi Auguste III obligé de s’exiler. Mais cette victoire est sans lendemain puisque l’armée du général autrichien Hadick peut impunément s’approcher de Berlin. La reine et la Cour doivent alors chercher refuge dans la citadelle de Spandau et Berlin doit payer un lourd tribut pour que l’ennemi consente à se retirer. L’affaire est plus sérieuse trois ans ans plus tard en octobre 1760. Les Russes et les Saxons parviennent à s’emparer de Berlin. A nouveau une contribution est exigée de la ville cette fois de 1 700 000 thalers … Les objectifs militaires, arsenal, fonderie de canons, magasins à poudre sont démantelés et vidés de leur contenu. De leur côté, les Saxons se livrent allègrement au pillage des immeubles et des résidences royales. Le palais de Charlottenburg est mis à sac. Pourtant, Frédéric réussit à rétablir la situation grâce à la paix séparée qu’il obtient avec le tsar Pierre III37 qui s’est retiré de la coalition. Le 30 mars 1763, Frédéric II fait son entrée à Berlin qu’il a quittée six ans plus tôt. Même si son bilan est modeste, il est accueilli avec ferveur par la population comme un quinqagénaire déjà vieilli, amaigri et ridé. Il devient ainsi le « vieux Fritz » (alter Fritz) pour les uns ou le « vieux renard » pour d’autres (alter Fuchs).

Si son génie militaire a été sujet à caution, sa politique étrangère n’a pas toujours été heureuse ajoutant souvent la maladresse au cynisme. Adversaire brutal, c’est lui qui a tiré le premier en envahissant la Saxe sans déclaration de guerre poussant le roi de France Louis XV encore hésitant dans les bras de l’impératrice Marie-Thérèse et précipitant le renversement des alliances de 1756 qui a vu la réconcialtion contre lui de deux ennemis séculaires la France et la maison d’Autriche. Allié calamiteux, il a été toujours prêt à faire défection tant et si bien qu’il a fini par se retrouver avec toute l’Europe continentale coalisée contre lui, France, Autriche, Russie, Suède. C’est de cette époque que date l’expression « se battre pour le roi de Prusse », c’est-à-dire en pure perte !

Il a remporté de brillantes victoires comme à Rossbach38 en Saxe et à Leuthen39 en Silésie mais il a dû aussi encaisser de sévères défaites comme à Kolin40 en Bohême et à Kunersdorff41, pas loin de Berlin, au Brandebourg, au point qu’il a songé plusieurs fois à se suicider. Mais toujours il s’est repris, chacun de ses échecs lui donnant l’occasion de donner le meilleur de lui-même. Son courage, sa détermination, son stoïcisme dans l’épreuve, plus encore que ses succès, lui ont valu finalement de rester dans l’Histoire comme « le grand roi » bien qu’il ait mis en péril son trône et à deux reprises sa capitale.

Il s’est éteint le 17 août 1786. Par testament et dans un geste de misanthropie, il a souhaité être enterré seul, avec ses chiens, dans le parc de Sans-Souci. Les dernières volontés des rois sont rarement respectées. La raison d’Etat a jugé plus convenable d’enterrer Frédéric dans l’église de la Garnison, aux côtés du père si détesté. Mise à l’abri pendant les bombardements, la dépouille a été retrouvée cachée au fond d’une mine de sel. On l’a alors installée dans l’église de Marbourg, une petite ville universitaire d’Allemagne occidentale. En 1952, retour aux sources : on l’a transférée dans la chapelle du château des Hohenzollern à Hechingen en Souabe, berceau de la famille. Enfin en 1991, l’Allemagne étant réunifiée, Frédéric a été enterré solennellement dans le parc de Potsdam, à Sans-Souci, là précisément où, deux siècles plus tôt, il l’avait souhaité. Il aurait été tellement plus simple de commencer par là.

En conclusion que reste-t-il de cette influence française si forte au temps de Frédéric II ? Au-delà des noms de lieux portant des noms français rencontrés à Berlin comme les résidences de Sans-Souci, de Monbijou et de Bellevue, ou encore de La Charité pour désigner un grand hôpital, il reste de nombreux mots français passés dans la langue allemande en architecture et en urbanisme tels que perspektive, decoration, arcade, colonne, arche, balcon, niveau, terrasse, boulevard, allée, chaussée, parterre, barrière, etc. des expressions aussi telles que « à propos » et « vis-à-vis » et d’autres mots dans la vie courante souvent liés à la gastronomie : apéritif, appétit, restaurant, café, crème, croissant, bonbon, dragée ainsi que des métiers : friseur et barbier, entre autres mots rencontrés. Cela indique combien la culture française mais aussi la manière de vivre de l’aristocratie en France ont subjugué les élites allemandes au XVIIIe siècle jusque dans la vie quotidienne.

Tout cela indique à l’évidence la proximité des cultures allemande et française en même temps qu’une estime et une admiration réciproques quand nous ne nous faisons pas la guerre. « Qu’est-ce qu’on s’entend bien entre deux guerres » comme disait l’humoriste Fernand Raynaud dans l’un de ses sketches !

  1. Cette étude est redevable à l’excellent ouvrage de Bernard Oudin, historien, et de Michèle Georges, journaliste, « Histoires de Berlin », publié chez Perrin. 2000.
  2. Frédéric-Guillaume Ier, dit « le roi-sergent », né le 14 août 1688 à Berlin, mort le 31 mai 1740, roi de Prusse de 1713 à 1740.  Conformément à l’édit de Berlin proclamé en 1685 par ses prédécesseurs Frédéric-Guillaume (1620-1688), prince électeur de Brandebourg et Frédéric Ier de Prusse (1657-1713) il a continué à accueillir les Huguenots frnçais fuyant les persécutions décrétées par Louis XIV après la révocation de l’édit de Nantes.
  3. Julien-Jean Offray de La Mettrie (1709-1751), médecin et philosophe matérialiste, réfugié à Berlin en 1748.
  4. Jean-Martin de Prades (1720-1782) ecclésiastique, théologien et encyclopédiste, réfugié à Berlin en 1752 suite aux principes soutenus dans sa thèse condamnés par la Sorbonne. Mort réconcilié avec l’Eglise auprès de l’évêque de Breslau.
  5. Hitler et Staline ont aussi essayé de s’attirer la sympathie des intellectuels d’autres pays en les invitant dans leurs capitales et en les gratifiant de récompenses … de façon à accroître leur prestige à l’extérieur de leurs pays.
  6. La guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) a opposé la Prusse alliée à la France, à la Bavière, à la Saxe et à l’Espagne à l’Autriche alliée à l’Angleterre. La paix d’Aix-la-Chapelle en 1748 a reconnu la Pragmatique Sanction qui assure le trône de l’empire d’Autriche à Marie-Thérèse mais aussi la cession de la Silésie à la Prusse.
  7. La guerre de Sept Ans (1756-1763) est une guerre européenne sur fond de rivalités coloniales qui a opposé d’une part la France alliée à l’Autriche, la Suède et la Russie à la Prusse alliée au Royaume Uni d’autre part et qui s’est terminée par le traité de Paris où la France a perdu le Québec, le Sénégal, Minorque et l’Inde au profit du Royaume Uni. Quant à la Prusse, elle a pu conserver la Silésie enlevée à l’Autriche.
  8. François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), écrivain, poète, dramarurge, philosophe. Suite à ses démêlés avec les autorités au point d’être embastillé et un exil en Angleterre pendant trois ans, il a cherché la sécurité à Cirey chez Mme du Châtelet puis auprès du roi de Prusse de 1750 à 1753 et enfin dans ses domaines des Délices et de Ferney à partir de 1759. S’étant enfui de Berlin en 1753 après une brouille avec Frédéric II pour s’être moqué d’un madrigal dont le roi était l’auteur, il a été rattrappé à Francfort et emprisonné. Il n’a dû sa liberté qu’après avoir promis qu’il ne divulguerait pas les propos sulfureux du roi de Prusse en matière de religion notamment …
  9. Antoine Pesne (1683-1757) peintre français, au service de la cour de Prusse de Frédéric-Guillaume Ier puis de Frédéric II, auteur de nombreux portraits et de peintures sur des sujets historiques.
  10. Une priapée est une peinture licencieuse en référence au dieu grec Priape, dieu de la fertilité mais aussi celui des débordements érotiques.
  11. C’est Giacomo Girolamo Casanova (1725-1798) dans son livre « Histoires de ma vie » qui a relaté sa rencontre à Angoulême en 1764 avec le père d’André Noël qui était célèbre pour ses pâtés. André Noël (1726-1801) fut le cuisinier préféré de Frédéric II à Sans-Souci.
  12. Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783), savant et philosophe, à l’origine de l’Encyclopédie avec Denis Diderot. Il était sceptique tant en religion qu’en métaphysique et défenseur de l’idée de tolérance.
  13. Denis Diderot (1713-1784), écrivain, critique d’art, il a dû sa renommée à l’Encyclopédie qu’il a animé pendant vingt ans.
  14. Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau (1749-1791) écrivain, journaliste, homme politique, franc-maçon. En juin 1786, Talleyrand lui avait obtenu une mission secrète à Berlin où il est resté six mois pour le compte du contrôleur général de Louis XVI, Charles de Calonne.Il a milité à partir de 1788 pour l’abolition immédiate de la traite des Noirs et progressive de l’esclavage dans les colonies. Aristocrate déclassé pour ses nombreux séjours en forteresse (île de Ré, Vincennes, Bastille et château d’If) suite à ses dettes de jeu, il a été cependant élu pour le Tiers-Etat en Provence en 1789. Aux Etats-Généraux à Versailles, il devint l’un des principaux orateurs. L’abbé Siéyès lui donna le titre d’ « Hercule de la Liberté ». Mis à sa mort au Panthéon, il en fut retiré pour avoir été en secret partisan de la monarchie constitutionnelle.
  15. Johan-Wolgang von Goethe (1749-1832), poète, romancier, dramaturge, diplomate et homme d’Etat. Mort à Weimar.
  16. Friedrich von Schiller (1759-1805), poète et écrivain allemand. Mort à Weimar.
  17. Port-Mahon sur l’île de Minorque aux Baléares. En 1756, le duc de Richelieu l’emporta d’assaut.
  18. Jean-Baptiste de Boyer, marquis d’Argens (1704-1771) écrivain. Il a vécu 25 ans à Berlin à la cour de Frédéric II.
  19. Leonhard Euler (1707-1783) mathématicien et physicien suisse, né à Bâle. Il a vécu de 1741 à 1766 à Berlin, auprès de Frédéric II comme membre de l’académie royale pour rejoindre ensuite Saint-Petersbourg comme membre del’académie des sciences de Russie à Saint-Ptersbourg où il est mort en 1783.
  20. Jacques de Vaucanson (1709-1782) inventeur et mécanicien, constructeur d’automates. Il a aussi perfectionné des métiers à tisser et contribué à la mécanisation de la manufacture royale de soie à Aubenas. Membre de l’Académie des Sciences en1746.
  21. Pierre-Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) philosophe mathématicien, physicien, astronome. La sympathie et l’estime de Frédéric II pour ce savant qu’il a accueilli à Berlin a excité la jalousie de Voltaire ce qui a entraîné le discrédit de Voltaire auprès du roi et par conséquent le début de la brouille entre eux … Des propos ironiques du philosophe sur des écrits du roi ont fait le reste …
  22. Johann-Sebastian Bach (1685-1750) compositeur, organiste, maître de chapelle de l’école Saint-Thomas de Leipzig.
  23. Carl-Philipp-Emmanuel Bach (1714-1788), compositeur, claveciniste, musicien du roi de Prusse Frédéric II de 1740 à 1768 puis directeur de musique à Hambourg de 1768 à 1788.
  24. Hans-Georg-Wenceslaus Knobelsdorff (1697-1753) peintre et architecte au service du roi de Prusse
  25. Johann-Gottfried Büring (1723-1788) architecte de la fin du baroque. Il a principalement travaillé à Potsdam et conçu la Luisenstädtischekirche à Berlin
  26. Antoine Watteau (1684-1721) peintre. Il a développé, dans l’ambiance d’une société raffinée, son art des scènes de comédie et surtout des « fêtes galantes ».
  27. Nicolas Lancret (1690-1749) peintre, émule d’Antoine Watteau
  28. Jean-Baptiste Pater (1695-1736), peintre, disciple d’Antoine Watteau. Il a peint comme son maître des scènes galantes et champêtres.
  29. François Boucher (1703-1770) peintre représentatif du style rocaille. Il a laissé des représentations idylliques et voluptueuses de thèmes classiques, mythologiques et érotiques d’allégories décoratives et de scènes pastorales. Il a été le peintre favori de la marquise de Pompadour à la cour de Louis XV.
  30. Amédée-Philippe Van Loo (1719-1795) peintre actif à la Cour de Prusse.
  31. Carle Van Loo (1705-1765) peintre, professeur à l’Académie Royale de Paris en 1737, premier peintre du roi de France en 1762. Il représente le « grand style » au sein de l’esthétique rococo .
  32. Carl-Philipp-Christian von Goutard (1731-1791) architecte d’origine huguenote. Il a exercé et oeuvré essentiellement à Potsdam, Berlin et Bayreuth. Elève de Jacques-François Blondel, il a laissé une œuvre à mi- chemin entre le roccoco combiné au palladianisme de Knobelsdorff et le classicisme de David et Frédéric Gilly, eux-mêmes réfugiés huguenots.
  33. Le château de Monbijou fut aussi la résidence de 1786 à 1805 de la reine Frédérique-Louise de Hesse-Darmstadt, épouse de Frédéric-Guillaume II, puis le musée Hohenzollern avec Guillaume Ier. Très endommagé par les bombardements pendant la seconde guerre mondiale, il a été complètement rasé en 1959.
  34. Sainte Edwige (1174-1243) patronne de la Silésie vénérée par l’Eglise catholique à Treitnitz (Pologne), à Wroclaw (anciennement Breslau) et à Berlin. Elle était la fille d’un comte de Bavière. Elle épousa le duc de Silésie, Henri Ier le Barbu, devenu duc de Cracovie en 1232. A la mort de son mari, après avoir élevé ses sept enfants, elle a rejoint sa fille Gertrude, abbesse cistercienne de Treitnitz, pour terminer sa vie dans la prière et l’humilité. Elle était la belle-soeur du roi de France Philippe-Auguste.
  35. Aujourd’hui on trouve le buste de Voltaire au beau milieu de l’une des salles des musées du Vatican et cela n’étonne plus personne.
  36. Johann Boumann (1706-1776) d’abord architecte naval aux Pays-Bas puis architecte urbaniste au service du roi de Prusse. Il représente le baroque tardif. Il est à l’origine du quartier hollandais de Potsdam.
  37. Pierre III Fiodorovitch (1728-1762) tsar de Russie en 1762, atteint de folie, assassiné à l’instigation de son épouse Catherine qui est devenue la tsarine Catherine II.
  38. A la bataille de Rossbach en Saxe le 5 novembre 1757, Frédéric II a triomphé des Français et des Impériaux.
  39. A la bataille de Leuthen en Silésie en 1757, Frédéric II a triomphé des Autrichiens.
  40. A Kolin en Bohême en 1757, au bord de l’Elbe, Frédéric II a connu la défaite face à l’armée autrichienne commandée par le maréchal Daun.
  41. A Kunersdorff, dans le Brandebourg en 1759, l’armée de Frédéric II a été vaincue par les Russes et les Autrichiens

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